LIFEISABICHE

Joie et bonheur.

C’est un fait, le taux de bien-être des individus est en baisse et la France  n’y coupe pas. Fair enough. D’autant plus quand on sait que Nelson Mandela, héros international, est décédé il y a de ça 4 mois, qu’il y a 3 347 700 chômeurs en France, que le-parti-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom a été élu dans une douzaine de villes françaises, et que l’on commémorera samedi les 20 ans de la mort de Kurt Cobain.

Mais si l’on se dit si malheureux, quelques marques et artistes, eux, tentent d’apporter leur pierre à cet édifice de bien-être : petit aperçu des derniers événements source d’allégresse.

 

1. #HAPPYBEERTIME

HAPPYBEERTIME

La marque de bière Carlsberg et ses bulles rafraichissantes ont lancé une opération de communication qui a su en réjouir plus d’un. Comment ? Grâce à un hashtag : #HAPPYBEERTIME.

Le concept : la marque danoise envoie à des bars une clé USB à brancher sur un écran. Ceci leur permet d’activer le fameux dispositif #HAPPYBEERTIME. Les consommateurs sont ensuite encouragés à poster une photo de ce moment de fraicheur sur le réseau social Instagram avec ce même hashtag. Et Ô suprise, non seulement leur publication apparaît en temps réel sur l’écran mais celle-ci permet surtout de repousser la fin de l’Happy Hour de 5 minutes. 1 photo = 5 minutes, 10 photos = 50 minutes, 100 photos = 8 heures… Je vous laisse imaginer le taux d’euphorie général.

Outre le fait que cette action puisse potentiellement provoquer une très longue file d’attente aux toilettes, il s’agit là d’une action de communication très réussie. En effet, la marque de bière a su rendre d’autant plus social LE moment de sociabilisation par excellence qu’est la sortie au bar entre amis.

 

2. Je vous aime tellement.

HAPPYSHOW

Du 28 novembre au 9 mars dernier, la Gaîté Lyrique accueillait à bras ouverts le célèbre graphiste Stefan Sagmeister, plus connu sous le nom du « Graphiste qui vous veut du bien ».

Le concept : une exposition qui vous (re)donne le sourire, la joie de vivre, l’envie de changer les choses pour une vie faite de plaisirs, et seulement de plaisirs. Grâce à son innoncente, mais pas des moindres, créativité, Stefan Sagmeister nous livrait ses secrets pour une vie heureuse. Pour se faire se trouvait tout au long de l’exposition un panel de « maximes et préceptes » malicieusement décalés, une structure des plus originales ainsi qu’un chewing-gum magique vous permettant de jauger votre quotien de bonheur, des vélos décryptant à la force de vos mollets votre overall level of satisfaction.

Ce qui fait aussi la réussite de cette exposition, c’est en partie le fait qu’elle soit participative. Le visiteur peut en quelque sorte intéragir avec l’artiste en testant chacun des outils essentiels au bonheur que celui-ci a eu l’audace et l’inventivité de mettre en place.

Cependant, Stefan Sagmeister précise qu’il ne pense pas que « les gens qui passent une heure ou deux dans l’exposition en sortiront plus heureux. De même si vous passez du temps à regarder une salle de sport, vous n’en sortirez pas plus mince. » En effet, le bonheur est le travail de toute une vie.

 

3. Briser la glace au coin d’une rue.

Untitled

La Saint-Valentin. Etant quand bien même l’une des 24h les plus commerciales de l’année, elles n’en restent pas moins LE jour du romantisme par excellence pour environ 50% des français qui la célèbrent chaque année. Placez alors cette journée au cœur de la capitale française, théâtre des très célèbres baisers de Doisneau, et vous obtiendrez non seulement une bonne dose de sentiments excacerbés, mais surtout un terrain de jeu événementiel pour beaucoup de marques.

En effet chaque année, le 14 février attise la créativité des entreprises, résultant en un feu d’artifice d’actions de communication en tout genre. Et en cette année 2014, la palme d’or, toutes catégories confondues, revient à la Joie des Fleurs et ses « boites d’urgence ».

Le concept : pendant la nuit du 13 au 14 février, des cupidons-ninjas ont placé aux quatre coins de Paris des petites boites rouges flamboyantes ressemblant, à quelques mètres de distance, à des boites d’urgence. A l’intérieur, remplaçant le marteau, une belle rose rouge. Sur la boite, un message : « En cas de coup de foudre, brisez la glace ». Simple et efficace. Au tour alors, des amoureux timides de saisir la fleur pour l’offrir à leur dulcinée ou autre prince charmant. Malheureusement, l’histoire ne nous dit pas combien d’entre eux se sont jetés à l’eau, ni si ces jolies boites auront permis de déclencher des baisers fougueux.

Et pour ne pas faillir à la tradition du 2.0, la Joie des Fleurs a concocté pour cette action de communication, 1 minute 15 de film diffusée largement sur la toile.

 

 

En somme, une opération de street marketing très réussie même si, entre vous et moi, les cupidons en baskets et armés de leurs lampes frontales m’ont bien plus touché que cet échange de regards amoureux sur les bords de Seine.

 

4. Douceur et utopie.

LAVIE

Vous êtes vous déjà demandés à quoi ressemblerait une promenade dans les rues de Paris ou votre trajet de métro pour vous rendre au boulot si la publicité n’existait plus ? Si la réponse est non, pas de panique, Etienne Lavie l’a fait pour vous.

Le concept : grâce sûrement, à un bon maniement de Photoshop mais surtout au désir d’une utopique réalité, cet artiste français a créé une exposition virtuelle d’œuvres d’art classiques. Où ? Au sein même des rues et métros parisiens et prenant alors la place des nombreuses affiches publicitaires. Cette initiative appelée « OMG who stole my ads ? » purifie ainsi la ville, la nettoie de tous ces messages et images assomants.

Assomants, quoi que. En effet, Etienne Lavie nous fait rêver d’un monde où piétiner dans les musées n’est plus nécessaire pour pouvoir admirer ces chefs-d’œuvre. Mais il nous fait aussi et surtout réaliser que la publicité est ancrée dans notre quotidien. Ancrée à tel point que nous ne la remarquons même plus. Qu’aucune autre alternative à ces affiches démesurément grandes puisse nous venir à l’esprit si l’on ne nous met pas ostentatoirement sous les yeux une autre vision des choses beaucoup plus belle et poétique.

Si cette opération de communication virtuelle semble bien utopique, elle laisse cependant l’espoir de voir arriver, un jour, des campagnes publicitaires bien moins conventionnelles et surtout plus douces pour nos yeux fatigués.

 

***

 

Outre ces quatre exemples d’opération de communication, le bonheur est partout et il essaye de se faufiler dans nos vies de moins en moins timidement.

Le dernier Prix Nobel de littérature est un recueil de nouvelles intitulé Trop de bonheur.

Pharell Williams a réussi à mettre d’accord autant de personnes autour de son titre Happy.

Ce fameux film où l’on peut voir des personnes ne se connaissant ni d’Eve ni d’Adam s’embrasser pour la première fois s’est certes révelé être une vidéo publicitaire pour Wren Studios, mais avouez-le, elle a tout de même ému beaucoup d’entre nous.

Alors même si la période des bonnes résolutions est largement derrière nous, il s’agirait peut-être de le laisser entrer de votre propre chef, ce bonheur.

Et pour commencer, let’s take baby steps : Souriez.

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