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Les nouveaux Business Models

La crise a profondément modifié les habitudes de consommation des français. Les risques liés à l’emploi ont entrainé une consommation plus réfléchie et responsable. Par ailleurs, la mutation de la cellule familiale et l’explosion du e-commerce ont fait naître de nouveaux business models. Les modes de consommation évoluent et les tendances changent.

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Des déplacements plus économes

Les transports urbains, ont été les premiers touchés par ces nouveaux modes de consommation responsable. Le prix du baril de pétrole ayant connu sa plus forte hausse ces 5 dernières années, les tarifs à la pompe se sont envolés. La voiture s’est transformée en un gouffre financier de plus en plus difficile à rentabiliser.

Au-delà de l’impact environnemental non-négligeable, s’est ajouté un besoin d’économie et de praticité. C’est dans ce contexte que des initiatives telles que Vélib et Autolib’, ont vu le jour. Ce premier système de vélos en libre-service, a fait son apparition en juillet 2007 dans les rues de la capitale. Mis en place par la Mairie de Paris, le fonctionnement est géré par le géant Decaux, qui déclinera le concept dans toutes les grandes villes de France. Sous diverses appellations (Vélov’ en région lyonnaise), le procédé rencontre un franc succès grâce à des abonnements annuels et des prix défiants toutes concurrences (29 € les 12mois et 30minutes offertes sur chaque trajet). Sur le même principe, c’est en 2011 que le service de voitures électriques en libre-service, Autolib’, a été mis en place à Paris. Géré par le groupe industriel Bolloré, ce service pratique, économique et écologique propose également des abonnements à l’année (120€ les 12mois et 5,50€ chaque demie heure parcourue). Outre le faible impact environnemental, qui constitue le principal argument avancé par les instigateurs de ces procédés, l’aspect pécunier pèse également fortement. En somme, ces nouveaux modes de déplacement offrent un service avant tout pratique, mais également à la portée de toutes les bourses.

De la même manière, le covoiturage s’inscrit dans ces nouveaux modes de consommation. Dans une société morcelée par des inégalités qui se creusent, l’entraide et le partage semblent être des valeurs sur le retour. En effet, le concept repose sur une utilisation conjointe et organisée d’un véhicule, et ce, à moindre coûts. De nombreux sites internet ont vu le jour grâce à ce procédé. Ils mettent en relations des particuliers, détenteurs d’un véhicule, et d’autres dans la nécessité, dans le but d’effectuer un trajet commun.  Moins couteux qu’un billet de train, le système apparait plus comme un échange de bon procédé et un moyen de faire de nouvelles connaissances le temps d’un trajet.

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Se faire plaisir sans se ruiner

L’éclatement de la cellule familiale, et la multiplication des foyers monoparentaux ont entrainé de nombreuses modifications des habitudes de consommation ; notamment concernant les produits de grande consommation. On ne parle plus d’achat d’impulsion, les dépenses sont davantage anticipées et font l’objet d’une attention particulière des ménages. Pour pallier à toutes ces nouvelles frustrations, de nouveaux marchés se sont développés.

Via internet, des sites proposent aujourd’hui des produits de grandes marques et de qualités, à bas prix. A l’exemple de ventesprivees.com, qui, grâce à un concept de ventes événementielles en ligne, permet aux adhérents de bénéficier de remises inédites sur un stock limité de produits. D’autres sociétés telles que monshowroomprive.com, surfent sur la même tendance en proposant des ventes exclusives aux consommateurs. Ces concepts facilitent l’accès à des produits plus qualitatifs, et d’ordinaire vus comme superflus. Les magasins d’usines et les ventes de déstockage, sont autant de nouveaux moyens de consommer à bas coûts. Ces procédés ont en commun la nécessité d’écouler les surstocks, les fins de séries ainsi que les articles de second choix ou présentant des défauts. Mais dans le cas des magasins d’usines, ils permettent aussi de vendre les produits plus directement, du fabriquant au consommateur. C’est la suppression des intermédiaires qui permet de baisser les prix à l’achat.

Mais à terme, l’achat n’est plus la finalité recherchée. Ainsi, le troc et l’échange de biens et services, ont fait leur réapparition ces dernières décennies. Il n’est plus surprenant de voir fleurir sur la toile des espaces réservés à cette pratique « vieille comme le monde ». On y cède ses biens (usagers ou non) en échange de nouveaux, plus à son goût. Les services s’échangent aussi, via des annonces sur des sites dédiés à cette pratique, ou entre particuliers grâce au bouche à oreille. La location de produits haut de gamme, fait également partie de ces nouvelles tendances, vues comme alternatives à l’achat. Il est désormais possible de s’offrir des pièces de créateurs, à moindre frais mais sous certaines conditions. Ce plaisir à durée déterminée, peut tout de même mené à une acquisition, après plusieurs locations et un paiement régulier.

Enfin l’achat d’occasion, est aujourd’hui un moyen de consommation très apprécié et de plus en plus pratiqué. En plus d’offrir une seconde vie aux objets, il permet de se faire plaisir, ou de faire plaisir, sans se ruiner. Du prêt-à-porter à l’électroménager, en passant par l’automobile, on en trouve pour tous les goûts et toutes les envies. Hébergés sur des sites spécialisés, les particuliers mettent en ligne leurs annonces, après s’être, au préalable, créé un compte-utilisateur. Ces sites peuvent être soit spécialisés dans un type de produit, comme l’est vinted.com (spécialisé dans le prêt-à-porter), ou plus généralistes comme le sont leboncoin.fr ou encore ebay.fr.

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En somme, ces nouveaux business models, sont à l’image d’une société au cœur de la crise, mais désireuse de maintenir son train de vie. Des nouveaux concepts innovants au service des particuliers et de leur pouvoir d’achat. Mais ces nouveaux modes de consommation, ont largement bousculé les frontières et les relations entre les consommateurs, la marque, et les distributeurs. Les consommateurs consomment désormais, plus utile et plus responsable, et n’hésitent plus à s’échanger des biens et services entre eux. Les marques se trouvent, elles, dans l’obligation de développer leur relation client en proposant de plus en plus de services. Enfin la distribution se trouve elle aussi dans l’obligation d’évoluer, notamment dans ses formats avec l’avènement d’internet et des nouvelles technologies.

Des nouveaux business models au fait des dernières innovations, et au service d’un consommateur toujours plus exigeant.

 

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