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La neknomination…un buzz finalement positif?

La neknomination, ce jeu d’alcool viral largement controversé sur Internet a finalement engendré des réactions positives. Des détournements du concept de base sont apparus sur nos écrans depuis quelques semaines afin de dénoncer cette pratique et d’en faire finalement une bonne action. Décryptage et explications.

La neknomination, les dangers d’un buzz massivement relayé sur les réseaux sociaux

La neknomination,  un jeu d’alcool que nous avons tous vu défilés dans nos fils d’actualités Facebook n’aura finalement pas eu que des impacts négatifs. Après avoir été très critiqués sur les réseaux sociaux mais aussi dans les médias, certaines personnes ont décidés de pas relever le défi « du cul sec » lancé par leurs amis et ont décidés d’en faire une bonne action à la place.

Cette prise de conscience collective par différents acteurs a remis en cause la dangerosité d’un buzz sur les réseaux sociaux, notamment sur les jeunes qui sont largement influençables et influencés par leurs cercles d’amis.

Une riposte orchestrée sur les réseaux sociaux

La déclinaison positive la plus connue de la neknomination est à l’initiative d’un jeune bordelais Julien Voinson. Cette « smart nomination » consiste à relayer une bonne action sur les réseaux sociaux et à désigner trois de ses amis afin d’en faire de même. L’idée de base de base de Julien Voinson a été d’offrir des hamburgers et des bouteilles  d’eau à des sans abris dans le besoin.

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Cette vague positive a déjà touché l’étranger avec des relais à Montréal et en Afrique du Sud. Le contre pieds de la neknomination est donc lancé !

Même les médias s’y mettent… En France, l’initiative de Julien a été relayés sur de nombreux sites internet de grande influence comme Le Point ou le Parisien et au delà de la sphère digitale, TF1 a décidé d’en faire un reportage pour son journal télévisé.

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Cette sensibilisation aux dangers de l’alcool mais aussi à la solidarité encourage donc les gens à réfléchir et à transformer une idée saugrenue en action positive.

Un site dédié ainsi que des réseaux sociaux « smart nomination » ont commencé à émerger et à rassembler une communauté de plus en plus importante.

Suite à cette vague de « rebellion », de nombreuses variantes sont apparues afin de détourner le buzz de la neknomination.  A l’étranger, c’est la nipnomination qui fait fureur. Explications !

A l’instar de la smart nomination qui est au service des personnes dans le besoin, la nipnomination vise à servir une autre cause importante, le cancer du sein. Michelle Kent, une Anglaise de 35 ans qui voulait sensibiliser ses amis à une cause plus intelligente que la neknomination a décidé de se prendre en photos en sous vêtements avec le slogan « Bangers to cancer ». Cette initiative est supportée par l’association « Just giving » et vise à récolter des fonds pour la recherche contre le cancer.

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Quand les people s’en mêlent !

Cette révolte contre la neknomination ne s’arrête pas là. Les personnalités ont décidés de s’y mettre et de se servir de leur influence pour contre balancer ce jeu dangereux, qui a quand même fait plusieurs morts ou blessés à travers le monde.

Les candidats de The Voice 3, télé crochet phare du groupe TF1 ont décidés de mettre en place la « The Voice nomination ». Nathacha Andreani du team Garou a été la première à relever le défi et à poster la vidéo d’une de ses prestations musicales via les réseaux sociaux. Elle a ensuite désigné deux autres candidats afin qu’ils en fassent de même sur leurs réseaux sociaux.

La réputation du programme de TF1 ainsi que les communautés respectives de chaque talent sont mises au service de cette cause qui détourne ainsi l’actualité du buzz de la neknomination.

Plusieurs centaines de personnes ont déjà relayés et commentés les vidéos des talents.

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Le présentateur TV Christophe Dechavanne a lui aussi décidé de proposer sa propre déclinaison de la neknomination.

Il a choisit de relayer via ses réseaux sociaux la « Safe Nomination », qui consiste à acheter des boîtes de préservatifs à distribuer aux jeunes. Cette initiative vise elle aussi à rendre utile ce buzz et à le mettre au service d’une cause importante pour sensibiliser les jeunes qui n’ont pas forcément accès aux moyens de contraception.

Il a présenté sa vidéo en direct à la radio Europe 1, et a ensuite désigné trois célébrités ( Sandrine Quétier, Laurent Ruquier et Titoff) afin d’en faire de même et de relayer leurs actions au travers de leurs communautés virales respectives pour contrer la neknomination.

http://www.youtube.com/watch?v=yX8v-npCfds

Dans un autre registre, Maxime Musqua, le youtubeur de studio Bagel a décidé de détourner complètement la neknomination en proposant un tout autre concept, le selflip, basé sur le célèbre «selfie». Ce roi du buzz du Petit Journal de Canal plus a réussi sont pari, puisque son concept de faire croire à un proche qu’on le prend en selfie juste pour lui faire peur au bon moment, a cartonné sur Twitter et s’est hissé en tête des recherches sur le site de micro blogging  juste après la diffusion de la séquence dans Le Petit Journal, via son hashtag #Selflip.

http://www.youtube.com/watch?v=eozIiroENxc

Battle sur les réseaux sociaux : Neknomination VS ses déclinaisons intelligentes

Les réseaux sociaux sont les terrains de jeu préférés et plébiscités par de nombreux publics pour relayer des informations. La neknomination pourra au moins se vanter d’avoir rassemblé les gens pour faire des actions utiles via ses déclinaisons et à les mettre au service de causes intelligentes qui méritent d’être dans la lumière.

Cette riposte massive des internautes en France, mais aussi dans d’autres pays, prouve que même un buzz à la base négatif et qui peut s’avérer dangereux, peut permettre à différentes communautés de s’associer et faire des actions positives et constructives.

Les médias et les célébrités jouent aussi leurs rôles en utilisant leurs pouvoirs d’influence afin de diffuser et d’amplifier l’information pour mettre en garde les jeunes sur ces nouvelles pratiques qui s’avèrent dangereuses pour la santé, et qui ne sont pas sans rappeler les apéros géants organisés sur Facebook il y a quelques mois.

Vraie problématique sociétale ou buzz éphémère, la neknomination aura au moins le mérite d’avoir soulevé une vraie question sur la viralité des informations sur la sphère des réseaux sociaux et sur la rapidité à laquelle les jeunes (souvent les adolescents) sont exposés à ces nouvelles tendances. La question reste de savoir comment il est possible de protéger les publics les plus jeunes à ce phénomène de communication 2.0 que sont les réseaux sociaux et quel pouvoir a chacun d’entre nous afin de pouvoir relayer des informations à sa propre communauté virale.

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