Après la bûche de Noël, la galette des rois !

Depuis quelques jours, les gourmands se sont rués dans les boulangeries de la capitale et d’ailleurs pour acheter une galette des rois.

 

Mais d’où vient cette tradition ?

Lors des fêtes romaines (les Saturnales), les Romains choisissaient un esclave pour devenir le roi de la journée. Pour se faire, ils glissaient dans un gâteau une fève (à l’époque un haricot) et celui qui trouvait ce haricot se voyait couronner pour la journée.

Ainsi, cela permettait de resserrer les liens entre employés et employeur et d’offrir au roi du jour la possibilité de réaliser ses désirs pendant cette journée (manger ce dont il a envie, donner des ordres à son supérieur…) Toutefois, le retour de gloire se finissait souvent en mise à mort ou dans le meilleur des cas retourner à une vie de servant.

 

Pour que la distribution se passe de façon aléatoire, la coutume veut que la galette soit coupée en fonction du nombre de convives et que la plus jeune personne se place sous la table pour désigner l’acquéreur de la part que la personne en charge du service doit distribuer.

Comme l’a expliqué Etienne Pasquier, auteur de Recherches de la France « Le gâteau, coupé en autant de parts qu’il y a de convives, on met un petit enfant sous la table, lequel le maître interroge sous le nom de Phébé (Phœbus ou Apollon), en l’innocence de son âge, représentât un oracle d’Apollon. À cet interrogatoire, l’enfant répond d’un mot latin domine (seigneur, maître). Sur cela, le maître l’adjure de dire à qui il distribuera la portion du gâteau qu’il tient en sa main, l’enfant le nomme ainsi qu’il lui tombe en la pensée, sans acception de la dignité des personnes, jusqu’à ce que la part soit donnée où est la fève ; celui qui l’a est réputé roi de la compagnie encore qu’il soit moindre en autorité. Et, ce fait, chacun se déborde à boire, manger et danser. »

 

La consistance de la galette est différente selon les régions. En effet, dans le nord, elle est traditionnellement réalisée à base de pâte feuilletée dorée au four et remplie de frangipane (crème à base d’amande), crème ou encore de chocolat. A l’inverse dans le sud, elle prend la forme d’une brioche aux fruits confits en forme de couronne.

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La galette en chiffres :

Chaque année, c’est prêt de 20 millions de galettes qui sont achetées entre la fin décembre et la fin du mois de janvier. Un moment important pour tous les boulangers de France (32 000 au total) puisque certains réalisent jusqu’à 10% de leur chiffre d’affaires annuel !

En moyenne, un artisan boulanger écoule entre 300 et 1000 galettes par semaine durant ce mois.

Les supermarchés en profitent également puisqu’une galette sur deux y est vendue. Les prix varient entre 4 et 10€ contre 15 à 40€ chez les artisans boulangers. Ces derniers justifient le prix par la qualité des produits utilisés. Mais cela n’est pas un frein pour le consommateur qui préfère se délecter d’un bon gâteau.

Depuis quelques années, les goûts se sont diversifiés, chocolat, pommes, fleur d’oranger ou encore de façon brioché et pourtant c’est la frangipane qui reste l’emblème de ce gâteau avec 80% des ventes. Mais peu importe le goût, la probabilité de trouver la fève reste proportionnelle au nombre de part que vous couperez. Alors afin d’augmenter vos chances, dégustez plusieurs parts !

Attention tout de même aux calories car une part de 100 grammes représente en moyenne 500 calories avec plus de 30 grammes de graisse et 40 grammes de sucre !

 

L’effervescence de la fève!

Cette fête de l’épiphanie est très attendue par les collectionneurs de fèves, les fabophiles, comme Jean-Louis Arnoud, habitant à Bordeaux et qui collectionne depuis plusieurs années les fèves. On peut en compter chez lui plus de 100 000 fèves différentes!

Les boulangers trouvent également chaque année des idées de fèves toujours plus originales. A l’instar d’un boulanger de Loiret qui cette année s’est basé sur le thème des « Croqueuses de diamants » et à glisser des diamants et saphirs dans certaines de ses galettes.

 

La polémique de la facilité…

Certains boulangers ayant dénoncé le manque de qualité des produits utilisés et l’habitude de certains boulangers à acheter des galettes industrielles pour simplement les réchauffer et les commercialiser ensuite dans leurs boutiques.

Pour combattre cette démarche peu favorable à la profession, un label va être créé courant de l’année. Ce dernier a déjà été validé par la Répression des fraudes (DGCCRF). Ainsi, seuls les boulangers répondant aux critères fixés par la confédération se verront remettre le label. Comme s’est exprimé Philippe Maupu,* « La moindre des choses, lorsque l’on fait ce métier, c’est de faire soi-même son pain et ses croissants. Et le consommateur doit savoir à qui il a affaire. »

* Responsable de la communication auprès de la Fédération des entreprises de boulangerie et pâtisserie françaises (FEBPF)

 

A vos fourneaux !

Voici une recette simple pour vous régaler !

Temps de préparation : 15 minutes
Temps de cuisson : 40 minutes

Ingrédients (pour 6 personnes) :

-  2 pâtes feuilletées (bien meilleure pour vos papilles si elle est faite maison)
- 100 g de poudre d’amandes
- 75 g de sucre en poudre
- 1 œuf
- 50 g de beurre mou
- quelques gouttes d’extrait d’amande amère
- 1 jaune d’œuf pour dorer
- 1 fève !

Préparation de la recette :
1. Disposer une pâte dans un moule à tarte (après avoir beurré et fariné celui-ci), la piquer avec une fourchette de façon régulière.

2. Mélanger dans un saladier tous les ingrédients (poudre d’amande, sucre, oeuf, beurre mou, extrait d’amande amère).

3. Étaler le contenu du saladier sur la pâte, y mettre la fève (sur un bord, pour minimiser les chances de tomber dessus en coupant la galette!).

4. Refermer la galette avec la 2ème pâte, et bien coller les bords.

5. Dessiner au couteau dessus et dorer au jaune d’œuf (dilué dans un peu d’eau). Percer le dessus de petits trous pour laisser l’air s’échapper, sinon elle risque de gonfler et de se dessécher.

6. Enfourner à 210°C (th 7) pendant 30 min environ (surveiller la cuisson dès 25 min, mais ne pas hésiter à laisser jusqu’à 40 min si nécessaire).

A vos marques pâtissez !

 

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