Connasse-c+

Génération Connasse

 

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Ce titre s’adresse aux dames.

Pour celles qui sont choquées, ébranlées, heurtées, ne fuyez point, restez calmes, n’appelez pas tout de suite un numéro SOS droits des femmes, ceci est un titre informatif sur un grand débat d’actualité. Par contre, faites attention, vous vous apprêtez  à rejoindre le gang bang. Pas d’issus de secours possible.                             Pour celles qui n’ont même pas froncées un sourcil ? Foutues pour foutues, assumez la « connasse » qui est en vous : charmante, gracieuse, délicate.

 

Décryptage du phénomène « connasse », une version 2.0 de la femme.

 

Imposé en partie par le livre « La femme parfaite est une connasse »  et la série « Connasse » de Canal +,  le terme « connasse » n’a jamais été autant décomplexé et assumé par les femmes. C’est tendance, hype, un peu bobo parisien mais complètement incontournable et dans l’air du temps.

Tout à commencer avec le « ispice di counasse » entendu par la marionnette de Ben Laden dans les Guignols sur Canal +. Merci aux auteurs, vous nous avez facilité une bonne partie du boulot : la femme sotte par définition devient par extension (avec humour et second degrés) celle qui agit contre la norme, qui se rebelle contre les hommes et la société. Grand pas pour l’humanité.

 

La « connasse » devient femme parfaite.

la femme parfaite est une connasse

Février 2013, le secret le plus gardé des femmes s’apprêtent à être dévoilé au grand jour. Ecrit par deux sœurs jumelles Anne-Sophie et Marie-Aldine Girard, l’une humoriste, l’autre journaliste, « La femme parfaite est une « connasse » est devenu en quelques mois un best-seller. Drôle et simple, il est devenu la bible d’une nouvelle génération. On y découvre « comment garder sa dignité quand on est complètement bourrée », « comment réagir devant un bébé laid »… Des sujets de société profonds qu’on avait hâte d’assumer publiquement.

Extraits.

 « Règle N°1 : On arrêtera de montrer à notre coiffeur la photo d’une mannequin blonde aux cheveux bouclés alors qu’on est brune aux cheveux filasse. »

 « Moi je suis incapable de draguer un mec qui me plaît! Non, je joue l’indifférence, la distance… C’est simple: je ne le regarde pas ! Je ne lui parle pas ! Et ça ne marche pas… »

 « Phrases de connasses:

« Quoi, tu regardes des films en VF ? »

 » Tu es allée voir le spectacle d’Ariane Mnoukine qui dur 9 heures ? C’est FOR-MI-DA-BLE!!! »

« Navrée, je ne sais pas de quoi tu parles, je n’ai pas de télé. » »

 Voilà comment séduire une génération de jeunes femmes complexées : L’IDENTIFICATION ! On le savait bien qu’on était méprisante, jalouse, et langue de bip mais avoir une trace sur papier c’est la preuve que nous sommes « normales ». Tiens, ça aussi c’est tendance, d’être « normal », dédicace François H ! S’il y a une jeune femme qui ne se reconnaît en rien du tout dans ce livre « please call 911 » ou rejoignez le couvent le plus proche de chez vous, une carrière d’enfer (sacrilège) vous attend.

Restons sérieux, le livre fait son job avec brio : on adore (insistez sur le « o » quand vous lisez, vous aurez l’air d’une vraie pro) détester la femme parfaite, c’est de nature, c’est dans nos gênes, bref c’est vraiment pas de notre faute. Elle est énervante à assurer comme une reine au boulot et à se transformer en catwoman la nuit tombée. Désolé messieurs, le masque tombe, elle n’existe pas (ou alors elle vous ment…Et toc, ça c’est de la répartie).

 

La « connasse » prend vie.

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Dieu créa la femme, et Canal + créa « la conasse ».  Interprétée par la culotée Camille Cotin, la « connasse » sévit sur nos écrans depuis septembre 2013. Mêlant des attitudes de princesse et un discours de charretier, la « connasse » est bien évidemment parisienne, sans gêne, et égoïste. Pas très distingué comme dirait nos chères grands-mères. D’abord dans le Before du Grand Journal, la « connasse »est très vite promue chez Antoine De Caunes dans Le Grand Journal. Pour les dernières ignorantes qu’il doit probablement rester (moi aussi, je suis une « connasse ») sachez que c’est un format court en caméras cachées : la connasse au cours de yoga, la connasse au cinéma, la connasse dans le taxi…

Bienvenu en 2014, on découvre donc notre clone dans son cliché le plus parfait :

 Chez le chirurgien esthétique : « Prenez une photo de moi, comme ça vous pourrez montrer au docteur exactement ce que vous voulez »

 Chez l’opticien : « Avant j’étais baisable, mais ça c’était avant »

 Au bar tabac : « Je vais vous prendre des petites cacahuètes sans pipi »

 Les remontées mécaniques : « Ouais je sais, vous aimeriez bien être un tire-fesses là maintenant »

 Au parc d’enfants : «  Tu as faim ? Mange du sable, t’adores ça »

 Chez la voyante : « Vous ressemblez plus à ma tante Claudine qu’à Madame Irma »

 Soyons honnêtes, on a vite évincé l’héroïne de notre enfance : cette bonne vieille Martine ! Remballe ta montagne, ton opéra et ta cuisine !

Les nostalgiques, arrêtez vous là, vous m’agacez.

 

Qu’on l’aime ou qu’on la déteste, on la respecte.

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La « connasse »est cette femme très sûre d’elle, libre de ses paroles et de ses actes, culotée, et audacieuse : elle ose.
Il y a celles qui se demanderont si les femmes ne seraient pas en train de se tirer une balle dans le pied ? Vont-elles récolter les effets pervers du phénomène « connasse » ? La nana aux lèvres rouges et à la french manucure médiocre, qui ne tient pas debout après deux pintes, clamant haut et fort qu’elle veut rentrer avec le barman, est-ce bien cela, être une fille normale aujourd’hui ? Les féministes nous rappellerons qu’il y a encore du boulot sur l’égalité hommes – femmes dans notre société et pas sûr que la « conasse » prenne la bonne direction. Heureusement que les auteurs ne sont pas de sexes masculins, ils auraient frôlés la censure, les associations seraient descendus dans la rue avec des panneaux : machos, misogynes, sexistes ! Puisque les auteurs sont des femmes on se demande alors quel est le message ?  Faut-il s’auto proclamer « connasse », se libérer l’esprit, mettre en avant ses faiblesses et ses défauts pour être acceptée ?

La femme parfaite n’est pas qu’une « connasse », elle a aussi un cerveau.Grâce à lui, elle gère son degré de tolérance et d’auto dérision. Je suis de celle qui s’amuse de ce phénomène. Je le picore, je prends ce qui me fait rire, je m’identifie, ça me déculpabilise et me décomplexe. Après tout, on est toutes « la connasse » de quelqu’un ! Soyons légères et ne voyons pas le mal partout, les auteurs sont des femmes modernes comme nous toutes. Un peu provocatrices mais jamais vulgaires. Finalement n’est-ce pas cela la modernité chez les femmes, ne pas se prendre au sérieux et savoir rire de tout ?

Je vous laisse réfléchir, j’ai autre chose à faire. CONNASSE.

Ceci n’est pas une autobiographie.

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