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LES MESSES SANS DIEU NI PRETRES

Si on vous propose d‘aller à la messe le dimanche matin ? Vous me répondrez probablement et très poliment un « non merci, très peu pour moi ». Mais si on vous propose une messe où vous pouvez parler du dernier Woody Allen, ou encore danser sur du Michael Jackson, ça vous tente plus ? Voici le nouveau phénomène à la mode : les « Sunday Assembly », ou les messes sans Dieu ni Prêtres.

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Dans un monde où tout est interactif, immatériel et que le lien social s’effrite de plus en plus, le courant « Sunday Assembly » né au cœur de Londres a su trouver sa place pour répondre à une frustration issue de la digitalisation des relations humaines.

Nos vies sont de plus en plus réglées par notre ordinateur ou par notre Smartphone. Un simple téléphone devient un ami, un journal, une télévision, et même bien plus… Et oui, avec l’explosion des objets connectés ce n’est plus uniquement votre vie sociale qui s’affiche sur l’écran de votre téléphone mais vos données les plus personnelles. Le nombre de pas que vous avez effectués dans la journée, le nombre de jours que vous avez gagnés en arrêtant de fumer, la masse graisseuse que vous avez perdue ou encore le nombre d’heures de sommeil profond que vous avez dormies… Il devient même votre médecin et s’intègre dans les aspects les plus intimes de votre vie, ne laissant place à aucune barrière. Bonne ou mauvaise chose, le fait est que l’on échange de plus en plus avec son ordinateur ou Smartphone et de moins en moins entre nous.

Partis de ce constat, Pipa Evans 33 ans et Sanderson Jones 31 ans ont fondé les messes athées dans le but d’« éloigner les gens de leur ordinateur et les faire se rencontrer ».

pipa et sanderson

Le principe ? Célébrer la vie et partager avec les autres ! Le dimanche matin, des centaines de Londoniens de 25 à 40 ans en moyenne viennent se retrouver dans un lieu qui pourrait s’apparenter à une église. Cependant, c’est une toute autre messe que l’on retrouve ici. Oubliez les cierges, les prêtres, les chants religieux et les prières. Ici, on entre en chantant, et pas n’importe quoi, du Abba, du Michael Jackson… et tous en cœur ! Les participants ont aussi l’occasion d’entendre des textes lus par des écrivains ou des conférenciers, de partager des témoignages positifs et surtout d’échanger avec les personnes présentes. Le but comme le dit Sanderson est de « faire que chacun puisse vivre mieux, aider les autres et s’émerveiller davantage » au travers de la pensée positive et de lâcher prise de la semaine de travail passée.

Chant

Ce phénomène qui peut paraître un peu burlesque de prime abord en a séduit plus d’un ! Eleanor, jeune femme de 28 ans et professionnelle de l’évènementiel à Londres, témoigne : « C’est l’aspect communautaire qui m’intéresse le plus. Vous avez beau avoir 800 amis sur Facebook, à Londres vous pouvez passer des journées entières sans parler à personne. Ici, tout le monde discute sans se forcer ni juger. On sent qu’on fait partie d’un groupe. Ça donne envie de s’impliquer ». Ce témoignage n’en est qu’un parmi beaucoup d’autres.  Ce nouveau mouvement prend de l’ampleur et séduit de plus en plus d’adeptes.

Parti de rien, la « Sunday Assembly » s’est vue grandir et devenir un vrai mouvement reconnu grâce à de nombreux bénévoles. Rédiger des communiqués de presse, créer leur site internet, cuisiner des petits gâteaux offerts à la fin des séances, ou encore s’engager dans des actions solidaires dans le quartier, que ce soit des professionnels d’un secteur d’activité ou non, tous se donnent à 100% pour leur nouvelle religion de la positive attitude.

Gateau

Avec plus de 300 personnes qui viennent à Londres et plus de 13% « d’athées convaincus » en 2012 selon l’enquête WIN/Gallup International, Sanderson et Pipa gardent bien la tête froide et ne tombent pas dans le « peace and love » à outrance.

La clé de leur succès ? Des rendez-vous qui reposent sur le partage et une entre aide que beaucoup avaient mis de côté, rythmés par de nombreuses interventions de qualité menées par des entrepreneurs, des écrivains, universitaires sur des sujets divers et variés qui sont au cœur de notre société actuelle : l’éducation, les sciences, la culture pop art ou encore le sexe et l’histoire. « Les gens ont besoin de se retrouver et de faire des choses ensemble. Les croyants le font depuis toujours via leurs paroisses. Les « sans dieu » manquaient d’une structure similaire » commente Sanderson.

conference

Et cette quête de partage se développe bien au delà des frontières Londoniennes ! Ces deux comédiens sont allés dans plusieurs villes de différents pays tels que l’Australie, ou encore les Etats-Unis pour prêcher leur bonne parole. Parti de rien le 6 janvier 2013 pour leur première assemblée, ils comptent désormais 28 nouvelles assemblées et ne cessent d’obtenir de très belles retombées presses. Leur succès devient international et ils devraient atteindre les 100 assemblées dès septembre 2014 ! Les prochaines assemblées – qui verront le jour en septembre en Grande Bretagne ou à Paris – reposent sur le même principe simple : celui d’être ensemble et de célébrer les bons moments de la vie.

CSunday assembly monde

Pour s’agrandir d’avantage et devenir une vraie entité reconnue et régir ce mouvement, les fondateurs ne dérogeront pas à la règle du partage et passeront par la consommation collaborative ! Pipa et Sanderson comptent sur la générosité de leurs bénévoles et autres participants au travers de dons. Avec déjà plu de 40 000 euros récoltés, ils vont pouvoir grandir de façon pérenne et dans les règles. Leur objectif est de pouvoir créer à terme une équipe qui travaille à temps plein pour la Sunday Assembly et de pouvoir avoir un point de contact unique avec les membres au travers d’un site internet et d’une application Smartphone.

La Sunday Assembly n’est pas le premier mouvement social de ce type. Depuis trois ans, on peut entendre des discours similaires dans les pays anglo-saxons au sein de la School of Life. Son fondateur, Alain de Botton, avait même pour projet de construire une tour de 46 mètre de hauteur en plein Londres pour se retrouver et ne pas perdre de vue les choses importantes dans la vie. Avec leur moto « live Better, Help Often and Wonder More » ces  messes de partage sans religion se développent et attirent de plus en plus pour leurs bienfaits de partage et d’entraide. Tout comme d’autres mouvements telle que la consommation collaborative, on peut y voir une envie de retrouver du lien social et une vision positive parfois mise à mal dans la société.

Alors, si vous aussi vous avez envie de chanter, danser ou tout simplement de discuter et partager un gâteau avec de nouvelles personnes, vous savez maintenant où aller !

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