L’obsolescence programmée : un phénomène marquant de société

Tous nos produits High-Tech sont-ils conçus pour vivre le temps de la garantie? C’est une question que nous, consommateurs, sommes en droit de nous poser. En effet, qui n’a jamais pesté après sa marque de téléphone préférée lorsque l’objet tant utilisé commence à rendre l’âme peu après la fin de la garantie ? Ce phénomène porte un nom : l’obsolescence programmée.

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Le sujet n’est pas nouveau. En 1925, un regroupement d’entreprises décide de réduire la durée de vie des ampoules à 1.000 heures, alors que la technique permet de dépasser cette limite plus de 100 fois. Et ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres… Il est certain que la société de consommation dans laquelle nous vivons a contribué au développement du phénomène. Afin de lutter contre cette aberration éthique et écologique, le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé a présenté récemment des mesures dans une proposition de loi parue le 21 mars.

 

Un exemple concret : le cas Apple

Récemment, l’un des sénateurs d’EELV, Jean-Vincent Placé, s’est insurgé contre cette « arnaque ». D’après lui, le droit d’utiliser des produits fiables, réparables et durables doit être garanti. Il a ainsi proposé plusieurs moyens pour lutter contre ce phénomène, moyens qui risquent de mécontenter les fabricants d’électronique. Il souhaite ainsi définir un «délit d’obsolescence programmée» qui permettrait d’attaquer ces entreprises en justice. D’après l’économiste Serge Latouche, les consommateurs ont pu prouver un ou deux cas de défaillances par le passé, mais ce genre d’affaire peut prendre des mois à la justice pour traiter l’affaire. Le dernier modèle de la marque à la pomme, sorti en septembre 2012, avait été accusé par plusieurs associations de n’être qu’un nouveau chapitre de sa longue saga sur le thème de l’obsolescence programmée en raison de sa connectique incompatible avec les anciens modèles. A titre d’exemple, il était impossible de charger un Iphone 5 avec un chargeur de batterie d’iphone d’une génération plus ancienne.

La proposition de loi du sénateur EELV contient ainsi une disposition permettant l’accès aux pièces détachées pendant dix ans pour faciliter la réparation, mais aussi une prolongation de six mois à deux ans du délai pour faire jouer la garantie sans avoir besoin de prouver le défaut de conformité. Quant à la garantie légale de deux ans, elle pourrait être étendue à cinq ans. Une mesure qui risque fort de déplaire à la marque Apple, déjà en mauvais termes avec la Commission européenne, qui la soupçonne de ne pas respecter la législation européenne en vigueur concernant la garantie de ses produits.


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Une mesure pour faciliter le recyclage de nos produits High-Tech : l’éco-contribution

Le sénateur estime également que l’éco-contribution, (somme d’argent destinée à financer le recyclage des appareils), devrait être régulée par un bonus/malus en fonction de la durée de vie et de la possibilité de réparation du produit. Enfin, un rapport sur le développement de l’économie de « fonctionnalité », qui consiste pour les entreprises à mettre à disposition un service plutôt que vendre un objet, pourrait permettre sortir de cette logique du jetable.

Mais comment faire pour lutter contre l’obsolescence perçue, c’est à dire l’envie de changer de téléphone quand un nouveau modèle, plus petit, plus puissant, plus à la mode, est mis sur le marché? (Non, nous ne parlons pas du prochain Iphone !)

Pour ceux qui ne résistent pas à la tentation, il existe d’ores et déjà des solutions pour que le téléphone usagé ne parte pas directement à la poubelle: des sites Internet échangent le vieux téléphone et le font rejoindre des circuits de recyclage. Un petit geste pour la planète, dont nous consommons les ressources naturelles de plus en plus vite. Croisons les doigts pour qu’un jour, un téléphone soit à la fois éco-responsable, 100 % recyclable tout en ayant une durée de vie supérieure à 5 ans !

 

Aurélien MARTIN

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