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ONU Femme : Sur la toile, le sexisme est roi.

« Les femmes doivent être remises à leur place », « Les femmes ne doivent pas avoir de droits » : voici la traduction des phrases proposées automatiquement par le géant Google, moteur de recherche le plus utilisé au monde, lorsque que l’on tape « Women shouldn’t », « Women need » ou encore « Women cannot » dans la barre de recherche.

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Alors, qui est à blâmer ? Google ou les internautes ? L’américain qui fournit des milliards de réponses à travers le monde chaque jour est hélas devenu le théâtre d’expression des internautes parfois les plus virulents  voire insultants.  Si Google propose des phrases pour aider à la recherche, il n’est en aucun cas responsable. En effet, les suggestions de recherche se construisent sur la base des mots recherchés les plus populaires par les internautes.

Face à ce constat, OUN Women (ONU Femme) décide d’afficher au grand jour l’imposant sexisme qui déferle à travers la toile au travers d’une campagne choc. Toutes origines confondues, quatre femmes se retrouvent ainsi placardées et affichées, sans droit de parole, la bouche masquée par la célèbre barre de recherche, dénonçant les requêtes les plus machistes, misogynes et sexistes.

Kareem Shuhaibar, concepteur-rédacteur chez Ogilvy & Mather Dubaï, agence de communication ayant réalisée la campagne, énonce : « Les messages sont choquants car ils montrent tout ce qui reste encore à faire pour atteindre l’égalité des sexes. Cette campagne est un appel à la prise de conscience, et nous espérons que le message touchera un maximum de gens ».

un-women-search-engine-campaign-2Véritable buzz sur internet, mais aussi reprise et discutée dans de nombreux médias nationaux, cette campagne a été l’occasion d’afficher au grand jour l’important rôle que peut jouer internet dans la prise de parole et la liberté (ou non) de penser de chaque individu. Si aujourd’hui beaucoup de pays se défendent d’une quelconque notion de sexisme au sein de leur territoire, il n’en est pas moins que la vérité les rattrape et agit comme juge et juré pour les mettre face à la réalité.

« Mais cela concerne les pays et requête anglophones ! ». Non. Pas que. Le site Terrafemina.com expose quelques exemples, en français, qui démontrent bien qu’au fond, personne n’est à l’abri et que, tout comme le racisme (qui fait aujourd’hui débat avec l’affaire Taubira « exclue de la famille humaine » par le magazine Minute), certains droits de l’homme et de la femme ne sont pas toujours respectés, et pire encore, ils sont remis en question.

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Au final, on constate que la communication est en effervescence sur le web, et que la communauté cybernétique a, en quelque sorte, créé sa propre société, sans aucunes règles. On ne peut empêcher les gens de penser, on ne peut censurer la liberté d’expression, mais pour autant, est-ce donc la porte ouverte à tout et n’importe quoi ? On est en droit de s’interroger sur cette campagne et sur sa portée, mais surtout sur son influence : si on a tendance à dire qu’une campagne d’affichage ou télévisée a un impact (même inconscient) sur les consomm’acteurs, en est-il autant lorsque l’on décide de s’attaquer au royaume de la libre pensée et de l’anonymat ?

Mélanie Da Silva Morgado

One comment

  1. Le sexisme ordinaire … le racisme ordinaire … l’homophobie ordinaire … le web permet d’exprimer et de véhiculer toutes les idées, même les plus nauséabondes
    Et nos chers concitoyens sont de plus en plus décomplexés.
    Flippant, de mon point de vue.
    Bel article

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