E-liquides

L’e-cig ou la cigarette polémique

L’âge moyen de la première cigarette se situe autour de 13-14 ans, lors des premières soirées. Petit à petit, les jeunes n’arrivent plus à s’en passer. Celui ou celle qui le faisait pour frimer ou imiter les copains devient alors dépendant(e). Et bon courage pour arrêter du jour au lendemain. Aujourd’hui, la France comptabilise près de 16 millions de fumeurs, dont une grande majorité d’hommes. Mais attention Mesdames car la tendance commence à s’inverser…

Les effets néfastes du tabac, mis en avant sur les paquets de cigarettes ainsi que dans les campagnes d’affichages contre le tabac ne sont que trop bien connus des fumeurs. Mais malheureusement, beaucoup ne les prennent pas au sérieux. Au-delà des dents jaunes, de l’odeur de tabac froid et du teint terne, ce sont surtout les cancers et maladies cardio-vasculaires qui sont montrés du doigt. Rappelons que chaque année, ce sont environ 66 000 fumeurs qui perdent la vie des suites d’un cancer lié au tabac. A ce chiffre sidérant, s’ajoutent 5000 non-fumeurs, victimes du tabagisme passif. (* le fait d’inhaler de la fumée de cigarette produite par un fumeur).

 

Campagnes d'affichage contre le tabac

Campagnes d’affichage contre le tabac

 

Mais depuis le début de l’année 2013, d’étranges stylos sont apparus dans les mains des fumeurs. L’objet en question, à la fois étonnant par sa forme que par la manière dont il est utilisé est en faite une cigarette électronique. Fortement convoitée car promue comme « moins dangereuse pour la santé », elle est actuellement en train de bouleverser le quotidien des fumeurs. Alors…fumer ou vapoter, aujourd’hui il faut choisir !

 

La cigarette électronique, Kezako?

L’e-cigarette ou « cigarette électronique » est un dispositif électronique fabriquée en 2003 par le scientifique chinois Hon Lik. La mécanique est simple; en aspirant l’air de façon plus ou moins intense au niveau de l’embout, le vapoteur active une résistance, favorisant ainsi la chauffe d’une mèche imbibée de liquide. A la différence d’une cigarette traditionnelle qui dégage une fumée incommodante, l’e-cigarette produit une vapeur aromatisée (fruits, chocolats, coca, tabac blond, brun…). Au départ vendu exclusivement sur Internet, l’engouement pour ce nouveau gadget a dynamisé l’ouverture de nombreux commerces spécialisés en France.

 

La cigarette électronique en détail.

La cigarette électronique en détail.

 

Pourquoi cet engouement soudain?

Avec l’augmentation incessante du prix des cigarettes, les fumeurs cherchent à tout prix à réduire leurs dépenses. A moins de se procurer des paquets dans les pays frontaliers, il y aurait un véritable avantage financier à vapoter. Avec des modèles, des tailles, des capacités et des designs différents, les prix peuvent facilement osciller entre 50€ et 100€/pièce. En grande majorité, les fumeurs font l’acquisition d’un pack de 2 cigarettes électroniques afin d’en avoir toujours une de disponible (car qui dit électronique, dit batterie, dit temps de charge à prendre en compte). Le fumeur fait également l’acquisition d’e-liquides (contenance liquide aromatisée rechargeable). La fréquence des achats dépendra de la consommation de chaque vapoteur. A raison d’un pack de 2 cigarettes électroniques, d’un flacon de liquide par semaine et de quelques pièces de rechange pour l’entretien, les estimations montrent que le vapoteur dépense en moyenne 50% de moins que le fumeur classique sur une année. Les calculs sont vite faits…et le choix aussi, semble t-il pour les 1 million de vapoteur français à la fin de l’année 2013.

 

La e-cigarette en France.

La e-cigarette en France.

 

Sans doute aussi que les fumeurs commencent à apprécier les vapeurs aromatisées dégagées par l’e-cig. Ainsi, fini les odeurs de tabac sur les cheveux, les mains et les vêtements. Enfin, l’engouement, peut-être d’être les premiers à tester une nouvelle cigarette vendue comme « sans danger pour la santé ». Cependant, son usage reste tout de même controversé.

 

Quelles sont les dangers quant à l’utilisation de la cigarette électronique?

A l’heure actuelle, les études scientifiques menées par les médecins et les autorités sanitaires ne sont pas suffisantes pour remettre en cause son utilisation. L’e-cig est au cœur d’un débat où s’affrontent pros-cigarette électronique et antis. Les premiers la défendent en la statuant comme « moins nocive » qu’une cigarette traditionnelle car « sans goudron et sans monoxyde de carbone ». Elle est alors souvent promue comme la nouvelle solution pour arrêter de fumer. A contrario, les antis dénoncent l’incitation de fumer chez les adolescents et notamment chez les non-fumeurs. Effet de mode sans doute, beaucoup de jeunes se sont mis à vapoter, ce geste faisant aujourd’hui parti de leur quotidien.

Fin 2013, le magazine « 60 millions de consommateurs » a réalisé une étude qui révélerait la présence de particules cancérigènes dans les e-liquides « en quantité parfois plus importantes que dans certaines vraies cigarettes ». La composition de chaque liquide varie d’un fabricant à un autre. Principalement, on y retrouve la nicotine (teneur comprise entre 0 et 18mg/ml) couplée à des substances « peu toxiques » tels que le propylène glyco, le glycérol ou les nitrosaines. Jusque-là, (presque) rien à signaler, si des traces de formol, d’acroléine et d’acéthaldéhyde, molécules dangereuses pour la santé n’avaient pas été détectées. Affaire à suivre…

 

Que dit la loi?

Suite à l’adoption de la loi EVIN en 1991, il est strictement interdit de fumer dans tous les lieux publics et dans les entreprises. Alors qu’aux Etats-Unis, l’interdiction de vapoter dans les lieux publics vient d’être prononcée fin 2013, aucune loi n’est actuellement en vigueur en France, bien que Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, y soit favorable. D’un point de vue légal, l’e-cigarette peut être tolérée dans les entreprises mais l’employeur est libre de droit d’en interdire son utilisation par une modification du règlement intérieur de l’entreprise. « Afin de protéger tous les salariés d’une éventuelle exposition ‘passive’ [à la cigarette électronique], qui, en raison des impuretés qu’elle contient et des composés volatils et particules libérés dans l’atmosphère, est susceptible d’être préjudiciable pour la santé, l’Institut National de Recherche et de la Sécurité (INRS) recommande à l’ensemble des entreprises françaises d’énoncer clairement cette interdiction.

 

Marisol TOURAINE et Claude EVIN. Crédit l'Express.fr

Marisol TOURAINE et Claude EVIN. Crédit l’Express.fr

 

Claude Evin, président de l’Agence Régionale de Santé (ARS) et auteur de la loi de 1991 s’est prononcé pour l’interdiction de « vapoter » sur le lieu du travail sur le site du Monde.fr:  » Ce serait une question de cohérence du message. Si vous arrêtez de fumer du goudron, ce n’est pas pour vous retrouver à côté de quelqu’un qui ‘tire » sur sa cigarette électronique’. Il ne faut pas l’autoriser dans les lieux accueillant du public. Mais si l’absence de nocivité est prouvée scientifiquement et que les études montrent qu’elle réduit l’addiction au tabac, alors il faudra en faire la promotion ». Alors qu’une loi d’interdiction de vente de cigarettes électroniques aux mineurs doit être prochainement adoptée, la loi relative à l’interdiction formelle de promouvoir la cigarette électronique via la publicité est déjà appliquée.

 

 

Et le lobbying dans tout ça…

L’arrivée de la cigarette électronique en France semble engendrer un manque à gagner considérable pour de nombreux acteurs ayant affaire de près ou de loin à l’industrie du tabac.

Dans un premier temps, ce sont les fabricants de cigarettes et les buralistes qui crient au scandale et dénoncent une concurrence déloyale. En effet, en plus de perdre un marché porteur par l’ouverture de magasins spécialisés, ils sont lésés par la taxe sur les produits liés au tabac (environ l’équivalent de 67% du prix de vente), appliquée sur les cigarettes, les cigares et le tabac à rouler. L’e-cig, n’est quant à elle taxée qu’à hauteur du taux normal de TVA en rigueur, soit 20% depuis le 1 Janvier 2014. Aucune taxe supplémentaire ne semble être prévue pour 2014.

Les laboratoires pharmaceutiques et les pharmacies, touchés par la diminution des ventes de produits pour arrêter de fumer (patchs, chewings-gum…) pourraient voir un avantage à ce que la nicotine soit reconnue comme « médicament » et la cigarette électronique comme « un substitut à la nicotine ». Cela leur permettrait de retrouver leur monopole sur le marché des substituts nicotiniques.

 

Ainsi à l’heure actuelle, le débat reste ouvert sur la dangerosité de la cigarette électronique. Les prochaines études qui seront réalisées dans les mois à venir permettront sans doute de lever définitivement les doutes sur cette affaire…

 

Merci d’avoir pris le temps de lire cet article. N’hésitez pas à laisser vos commentaires/avis sur le débat actuelle autour de la cigarette électronique.

Pour les vapoteurs, n’hésitez pas à partager avec nous votre expérience (pourquoi choisir de vapoter? qu’est ce que cela vous procure? êtes-vous sensible aux dangers évoqués par les médecins et organismes de santé? …)

About Laëtitia Rossetto

Laëtitia Rossetto, les mains au service de la communication et les jambes dans le commerce.

Devise du moment : Si ton labeur est dur et que tes résultats sont minces, souviens toi du grand chêne qui avant…n’était qu’un gland.

Après avoir suivi une formation généraliste (DUT Techniques de commercialisation et licence Administration et Echanges Internationaux), j’ai souhaité me spécialiser dans la communication. Mais pourquoi? Tout simplement parce que le verbe VENDRE ne va pas sans le verbe COMMUNIQUER et inversement.

Mon choix s’est porté sur la communication événementielle. Loin des clichés tenaces paillettes, fêtes et champagnes à tout va, je suis convaincue que placer la cible au coeur d’un événement est la meilleure stratégie pour la rendre attentive au message délivré.

Je suis actuellement en alternance chez le constructeur ferroviaire français Alstom Transport en tant qu'assistante chef de projet évènementiel.

4 comments

  1. Et voilà! l’état perd une de ses ressources préférées. Les labos pharmas en concurrence aussi, avec leurs produits inefficaces et dangereux (allez voir la composition des spays).
    Et les futures études seront financées par qui? Gouvernement-labo copains comme cochons ? lol
    Pour l’e cig, ce sera comme pour la cigarette : plus ou moins dangereuse selon les fabricants. Elle offre la possibilité de diminuer la nicotique. Alors ce n’est pas la solution miracle mais un bon début pour ceux qui veulent arrèter ? (avec la volonté biensur) Cordialement

  2. Dossier intéressant… et l’Etat… Il doit se demander comment pouvoir récupérer cette manne financière qui est en train de lui échapper car les taxes sont bien moins élevées sur l’e-cigarette.

  3. L’e-cigarette n’est pas blamable, ce dispositif permet à nombre de fumeurs, de diminuer, d’économiser voire d’arrêter de fumer.

    L’enjeu n’est à mon avis pas vraiment sanitaire mais plutôt économique.
    L’Etat perd de son monopole, les labo et pharmaciens s’en réfèrent au principe de concurrence déloyale, etc. Bref, tout le monde se bat dans son intérêt et non dans l’intérêt général.

    Etant fumeuse (et non « vapoteuse »), je suis évidemment consciente des risques. Je trouve inadmissible de mettre autant de freins à une alternative au tabac pour des histoires de gros sous. Cette hypocrisie autour de la cigarette est étouffante (entre les augmentations, les images « choc », il y a de quoi rire).

    Les gens fument c’est un fait avéré et c’est quasiment mission impossible de faire changer leurs habitudes. Il serait peut-être plus intéressant de répondre à la question « comment soigner efficacement le cancer? » (qu’il soit dû au tabagisme ou pas).

    En tout cas, cet article est très objectif et de bien écrit. Bravo à l’auteur(e).

  4. Je suis d’accord avec Anais VEG, étant fumeuse et ayant tentée de vapoter (sans grand succès pour le moment)je vois autour de moi que ça fonctionne vraiment et tant mieux pour eux !! Bel article en tout cas ! Merci pour ces infos

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