Nicolas Batum

Et Batum est redevenu  »Batman »

L’accolade échangée avec Tony Parker, à deux minutes de la fin, alors que la Lituanie venait de perdre un nouveau ballon et que le suspense était envolé (78-60), a valeur de symbole. Si TP est apparu un peu plus en dedans, dimanche soir, en finale de l’Euro, Nicolas Batum a plané, comme jamais il ne l’avait fait pendant la compétition. Sa sortie, dans la foulée de cette image, a été saluée d’une simple et sincère poignée de mains de son entraîneur Vincent Collet. Et, surtout, par une ovation de tout le banc de touche, debout pour féliciter son  »Batman ».

Nicolas Batum

Jusqu’à ce sommet, Batum a traversé l’Euro comme une âme en peine. Celui qui annonçait vouloir devenir le meilleur ailier du continent en ce mois de septembre est trop souvent passé au travers, avec des performances indignes de son niveau NBA (9 pts à 36 % contre l’Allemagne, 8 pts à 25 % face à l’Ukraine). A l’image de son équipe, trop inconstante pendant deux semaines avant de revivre pendant la troisième. Ce à quoi les Bleus ont remédié par une thérapie de groupe.  »On est passé par des moments difficiles, de doutes, où on n’a pas forcément montré grand-chose de bien. Donc il a vraiment fallu se ressouder », expliquait la star des Portland Trail Blazers.

 »Là pour aider Parker et Diaw à gagner »

Toujours titulaire, le joueur de 24 ans a finalement ressorti son costume de serial marqueur au meilleur des moments, alors que la France s’empêtrait dans la défense lituanienne (23-26, 13e). Déjà chaud dans le premier quart-temps (7 pts), il enchaînait deux lancers pour re-chauffer le poignet, deux paniers longue distance, deux rebonds, une passe décisive et une interception. Du très grand Batum.

 »Tout ce dont on a envie, par respect pour Tony et Diaw, c’est de leur offrir ce titre-là, rêvait l’ancien Manceau avant la finale. Eux sont là depuis plus de dix ans, à galérer, à tout faire pour le basket français. On est vraiment là pour les aider à gagner, parce qu’ils le méritent tellement. » Et c’est peu dire que Batman a aidé puisque c’est lui qui a enfilé le costume de leader abandonné par Parker, qui n’avait plus de gaz après son énorme performance en demi-finale. Dans son sillage, les Bleus infligeaient un 31-12 aux Baltes, dont un 16-0 en fin de deuxième quart-temps. Et ne lâchaient plus la marque.

Batum, lien entre les générations

Avec 17 points à la pause, le champion de France 2006 pouvait se permettre de laisser les autres scorer, en premier lieu desquels Tony Parker (12 pts au final), à qui Batum n’a jamais essayé de voler la vedette et qu’il juge comme  »l’un des meilleurs sportifs de l’histoire du sport français ». Plus jeune que le MVP du tournoi (31 ans), l’élégant ailier a rapidement compris le rôle de lieutenant dévoué qu’il pouvait tenir en équipe de France, en plus d’être le lien entre les générations championnes d’Europe juniors en 2000 (Parker, Diaw, Piétrus) et 2006 (Diot, Ajinça, Batum). Rouage essentiel, joueur majeur, Batman n’a peut-être pas été le meilleur ailier de la compétition. Mais qu’importe : le voilà champion d’Europe.

Franck

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