Quand luxe rime avec développement durable

En 2007, une étude du collectif Adwiser montrait avec stupeur le retard du secteur de la communication dans l’intégration des enjeux du développement durable. Le constat était alors très sévère mais à présent avec une crise économique et sociale qui interroge nos modes de consommation, où en sommes-nous ?

LE DÉVELOPPEMENT DURABLE : KESAKO ?

C’est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.

Il est fondé sur 3 éléments inséparables : une dimension environnementale, une dimension sociale, et une dimension économique.

Le développement durable ne se réduit donc pas uniquement à la protection de l’environnement ! On retrouve trois piliers : préserver l’environnement, c’est-à-dire économiser et préserver, protéger la biodiversité, éviter les émissions de CO2, et valoriser les déchets. Le développement durable c’est aussi favoriser la cohésion sociale, donc lutter contre l’exclusion et la discrimination, favoriser la solidarité, et valoriser les territoires. Enfin, c’est aussi  promouvoir une économie responsable en  utilisant des méthodes alternatives.

Les trois sphères du développement durable

Le commerce équitable en est un très bel exemple avec les cafés Max Havelaar qui est une association à but non lucratif et qui certifie des produits répondant aux standards internationaux du commerce équitable, en y intégrant des notions environnementales.
Par exemple, Max Havelaar assure une vente du café issu du commerce équitable en garantissant un salaire minimum aux personnes des régions récoltant le café qui est par la suite vendu dans le monde entier.

COMMENT APPLIQUER CONCRETEMENT LE DEVELOPPEMENT DURABLE AU SECTEUR DE L’EVENEMENTIEL?

« La logique veut qu’un événement responsable ne coûte pas plus cher car la logique est d’optimiser chaque poste en économisant les ressources, en évitant le gaspillage, en créant du bien être (certes pour une meilleure productivité) » décrit Charlotte Clemens, directrice des opérations de l’agence événementielle Evénements 3.0.

« Si l’organisateur commandait la quantité exacte de nourriture pour un buffet et non plus pour en jeter une partie, le budget restauration serait moindre.
Si l’organisateur avait une réflexion sur ses postes pour la réutilisation de la signalétique, ça éviterait la production à chaque événement.
Si l’organisateur ….
Il existe tellement de cas de réduction des coûts, juste avec une autre manière d’appréhender l’organisation de l’événement.

Néanmoins comme sur tous les marchés, il y a une offre et une demande. Quand l’offre est rare, le tarif est plus élevé et logiquement, plus la demande va augmenter, plus l’offre va s’étoffer, plus les tarifs vont diminuer… Sur certains produits / services responsables, nous sommes clairement dans ce cas de figure. »

Pour les agences événementielles, il n’y a pas de législation particulière par contre il y a des initiatives et des labels dédiés à 100% pour ces structures :

•    La norme ISO 2012l : sortie en août 2012, toutes les agences événementielles peuvent en obtenir la certification
•    Le label Prestadd – qui est une marque du Synpase et qui s’applique aux entreprises du spectacle et de l’événementiel. Lancé en 2011, ce label couvre les 3 volets du développement durable et a été pensé par les PME et TPE du secteur. Prestadd offre à ses entreprises labellisées la possibilité de partager conseils, liens et bonnes pratiques sur le site du label. Le point fort de ce label est le faible coût d’accessibilité (à partir de 150€).
•    Label Qualitraiteur, de Traiteurs de France, qui s’applique aux traiteurs organisateurs de réception, mis en place en 2008 et certifié par le bureau Veritas Certification. Cette démarche a pour objectif de répondre au mieux à la satisfaction des clients, en apportant toutes les garanties existantes et en particulier l’avis d’un organisme étatique. Traiteurs de France intègre des engagements développement durable, en particulier avec sa charte et ses 5 engagements (politique développement durable, éco-citoyen, équitable, environnemental, et social). D’ici 2014, les adhérents du réseau Traiteurs de France devront obligatoirement obtenir cette certification, qui aura alors intégré les notions de RSE.

Par la suite, L’ANAé avec le collectif eco-evenement.org est moteur sur le sujet et donne aux agences des outils d’aide : ADERE / RSE-événement.
Cela permet de reconnaître les acteurs du développement durable ainsi que les prestataires dont on aurait besoin pour l’organisation de nos événements.

Comment être sûr qu’une agence événementielle est éco-responsable ?

Il existe deux niveaux de vérification, tout d’abord en  interne en ce qui concerne la politique mise en place dans l’entreprise, mais également au sujet des offres éco-responsables de l’agence.

Aujourd’hui, la communication sur le développement durable est devenue « l’auberge espagnole » de la communication corporate des annonceurs : les agences se sont donc adaptées et se sont positionnées sur le créneau de l’éco-responsabilité.

Voici quelques critères pour évaluer une agence :

-  La publication de l’agence sur le sujet (articles, enquêtes, études…)
- Les compétences de son équipe sur le sujet (a-t-elle des ressources dédiées comme un chargé de développement durable, quelle est sa stratégie carbone…)
-  Son implication (adhère-t-elle à des labels)
-  Son offre de produits et de services en la matière

Comment organiser un éco-événement ?

1.    Eco-communiquer
2.    Mobilité durable : réduire la consommation d’énergies fossiles liées aux transports de personnes, de matériels et de marchandises
3.    Faciliter l’accessibilité du lieu à tous
4.    Achats éco-responsables : trouver une alternative du côté des produits plus écologiques et réduire les gaspillages et les achats inutiles
5.    Sensibiliser : en se rapprochant des acteurs du monde de l’éducation au développement durable
6.    Eco-gérer le lieu : pendant l’événement, donner la priorité à la réduction des déchets et à leur valorisation
7.    Mobiliser les hébergeurs
8.    Etablir un bilan carbone : comptabiliser les émissions de gaz à effet de serre

RSE : LA TENDANCE CHEZ LES ANNONCEURS

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) tient compte des impacts sociaux et environnementaux des activités de l’entreprise pour intégrer les enjeux liés au développement durable au sein de l’organisation et dans leurs interactions avec les parties prenantes.
Le but est d’associer de manière éthique logique économique, responsabilité sociale et éco-responsabilité.

Une étude a montré que 62% des salariés estiment que le DD tient une place assez à très importante dans leur entreprise et que 82% des salariés souhaiteraient que leur entreprise consacre plus de temps et d’argent au DD, à la responsabilité sociale et à la protection de l’environnement. (Sondage DDB live & Opinion Way, 3-10 mars 2011)

De plus, 56 % des français accordent une grande importance à la RSE, voire une très importance dans leur appréciation des sociétés, selon une enquête de l’observatoire de la performance intégré, piloté par Capital Com. Les cinq priorités fixées par les Français en termes de RSE sont, dans l’ordre : la santé, la sécurité et la qualité de vie au travail, la préservation des ressources naturelles, l’emploi et l’insertion professionnelle, la réduction de l’impact des activités et/ou produits sur l’environnement et enfin le développement des compétences des salariés.

On remarque que des annonceurs et des agences événementielles se démarquent et mettent en avant cette démarche de développement durable comme :
•    SENSATION  / Le Public Système / Beautiful Monday / IKEA / Lafarge / Geodis / Ben and Jerry’s.

Toutes ces entreprises ont su mettre en œuvre de véritables actions RSE que ce soit en interne ou en externe.

LUXE ET DEVELOPPEMENT DURABLE: LE CAS DE L’HOTEL LE CRILLON

Dans les premiers hôtels de luxe parisien à avoir initié cette démarche, le célèbre Hôtel de Crillon, place de la Concorde à Paris, qui mène des actions quotidiennes de développement durable.

En interne, des documents ont été affichés et distribués dans toute l’entreprise pour expliquer aux salariés comment :

-  Réduire leur consommation d’eau
-  Recycler les cartouches d’encre des imprimantes
-  Trier les bouchons en plastique et les piles
-  Limiter l’utilisation de gobelets en plastique
-  Récupérer les cintres en fer
-  Privilégier un transport propre (30 min de marche à pied : bon pour le cœur !)

Autre action de développement durable, cette fois-ci externe, L’hôtel a réalisé la restauration de sa façade en 2010 en mettant en place une bâche trompe l’œil devant la façade du bâtiment qui représentait la façade telle qu’on la voit habituellement.

Bâche recouvrant la façade de l’hôtel lors de sa rénovation

Fin 2011, au terme d’une année de restauration, l’Hôtel de Crillon a dévoilé sa nouvelle façade et afin de garder cette démarche écologique qu’a entreprit l’Hôtel il y a quelques années, cette bâche de 1300 m2 qui recouvrait les échafaudages fût recyclée.

C’est au vue de toute cette prise de conscience que L’Hôtel de Crillon a obtenu en décembre 2011 la certification Green Globe qui est une distinction uniquement réservée aux sociétés ayant une démarche réelle et sincère en matière de développement durable.

Cette accréditation est délivrée après validation des critères de labellisation (70% environnement, 20% social, 10% culture) et permet d’obtenir la reconnaissance des collaborateurs actuels et futurs, des clients, des fournisseurs et prescripteurs de l’ensemble de l’industrie hôtelière.

Au total, ce sont près de 240 critères de labellisation qui sont passés au crible par l’organisme, les axes principaux étant : La politique durable environnementale & sociale (engagement),  les exigences réglementaires (conformité/réglementation), la performance environnementale et sociale (état des lieux, actions d’amélioration et de bonnes pratiques), le système de management environnemental (définir les moyens/mise en place & révision des actions)

Le secteur de la communication a fait un bond spectaculaire en cinq ans, mais certains acteurs du luxe se sont engagés dans une démarche de développement durable depuis bien plus longtemps. Aujourd’hui, de plus en plus d’annonceurs et d’agences poursuivent ce chemin. Une seule chose à dire donc : luxe et développement durable : bravo !

Nous remercions Charlotte Clemens pour le temps qu’elle nous a consacré. 

Quelques sites Internet sur le développement durable :
www.ecotourisme-magazine.com    
www.greenetvert.fr    
www.zegreenweb.com    
www.etmacom.fr    
www.abcvert.fr    
www.eco-evenement.org 

   Melody et Audrey

About Audrey

One comment

  1. Le meilleur exemple est un tout nouvel établissement situé dans la région du Champagne:
    l’Hôtel & Spa Le Manoir des Jardiniers Gourmands.

    Un hôtel et un domaine prometteurs… A suivre !

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